Analyse d’une oeuvre

INTRODUCTION

La peinture a innové au courant du XIXe siècle, les portraits, les oeuvres romantiques et autre style se voient partager la scène avec un nouveau genre, le paysage. Mantion (2012) dit que << l’homme n’est plus au centre de l’artiste, la figure semble s’estomper>>. p.11

 Ce texte présente l’analyse de l’oeuvre de Jacques-Hippolyte Van der Burch intitulé Villageois dans un chemin de sous-bois.

Une brève description de l’artiste et de l’oeuvre sera présentée, suivie de son analyse formelle et d’une réflexion critique en lien avec le résumé du texte de Salé (2017).

PRÉSENTATION DE L’ARTISTE

Jacques-Hippolyte Van der Burch est un artiste peintre de paysage (1786-1854), il a vécu à Paris et il est un élève de David. Il fait partie d’au moins trois générations d’artiste. Son père, Jacques-André-Edward Van der Burch était peintre paysagiste et son grand père, Dominique Van der Burch (1722-1785) était enseignant à l’académie de Beaux-Arts de Montpellier.

PRÉSENTATION DE L’OEUVRE

L’oeuvre s’intitule, Villageois dans un chemin de sous-bois, réalisé en 1837, huile sur panneau, hauteur 18.5 cm x largeur 24.5 cm.

ANALYSE FORMELLE ET RÉFLEXTION CRITIQUE

Le ciel bleu pâle avec des nuages en blanc et beige occupe presque les deux tiers de la composition entre coupé par deux amas de feuillage regroupant pour chacun, quelques arbres. Ces amas sont positionnés au milieu de la toile en hauteur et recoupe celle-ci en trois parties à l’horizontale. Un ruisseau sinueux passe entre les deux terrains qui séparent les arbres. Du côté gauche du tableau on aperçoit un chemin sinueux rappelant le parcours du ruisseau. Ce sentier invite le spectateur à parcourir le décore, il dirige l’oeil. Le sentier contourne deux grosses roches ainsi que les premiers arbres. Juste avant d’arriver aux arbres, deux personnages minuscules sont assis paisiblement sur le côté du sentier et semblent communiquer avec un chien placé devant eux, qui les regardent. Bien que le chemin se dissimule derrière les arbres, il laisse sous-entendre qu’il rejoint un pont reliant les deux rives du paysage. Au début du pont, on aperçoit deux autres minuscules personnages qui semblent discuter. De l’autre côté de la rive, placés devant les arbres, trois immeuble en béton se fondent en harmonie avec la nature. La prédominance du ciel est une caractéristique typique pour l’artiste. (fig.1) et (fig.2)

figure 1
Chaumière au puits
Huile sur toile
27 x 35 cm
Figure 2
Paysage de rivière animé de personnages
Huile sur toile

1838
24.5 x 32.5 cm

Le premier tiers du tableau en bas, représente des objets, un sentier, des personnages, des arbres, un pont et un ruisseau de façon claire et bien définie, contrairement aux montages placée plus haut et délimitant l’horizon, qui plus flous proposent une perspective de profondeur.

Les couleurs représentant le ciel et le ruisseau sont les mêmes soit le bleu pâle, le blanc et le beige, cela amène ne fluidité et une connexion harmonieuse entre les éléments. De la même idée, les couleurs utilisées pour représenter les arbres, le sentier, le pont et les immeubles sont de la même palette de couleur soit des dégradés de vert, de brun et de beige, ce qui contribue à unifier les éléments, la couleur fait le lien entre les éléments et propose une atmosphère de réunion comme un tout global. Le fait d’avoir représenté les personnages en miniature est intéressant car cela accentue l’immensité de la nature qui est prédominante dans cette oeuvre. Ce tableau propose une harmonie entre les individus, les personnages sont en relation et aussi entre L’Homme et la nature. Les mêmes couleurs utilisé pour le ciel et le ruisseau favorise un lien convivial entre les deux éléments, chacun cohabitent avec candeur, ils sont bien intégrés l’un à l’autre.

Cette oeuvre est caractérisé de  »picturesque »puise qu’elle démontre la nature dans son état de splendeur et de calme, il n’y a pas d’élément choquant ou bouleversant comme un volcan ou un tremblement de terre. Commenti (2019) explique bien ce style, en associant la nature au mouvement de l’âme, il dit que << la nature parle à l’imaginaire par la grandeur, la nouveauté ou la beauté>> p.9. Trom (2007) fait aussi allusion de ce lien entre la splendeur et le paysage. Il dit que le paysage pittoresque est un objet digne d’être peint.

LIEN AVEC LE TEXTE DE SALÉ (2017)

Le texte de Salé résume l’évolution de la peinture concernant le paysage et les différentes techniques et inventions au XIXe siècle afin que les artistes parviennent à reproduire le paysage. Outre le décalquage et la chambre claire qui sont des outils utilisés pour reproduire la nature en atelier, le passage des livres d’esquisses au carnet de poche a facilité la travail de l’artiste pour ramener la nature en atelier, le changement de dimension , plus petit, facilite son transport. De plus, le croquis a permis de bien positionner sur papier, les éléments importants que l’artiste désire reproduire. La minutie des détails qu’il nous est agréablement permis de constater dans l’oeuvre ( les personnages, les nuages, le ruisseau, le pont les arbres, les montagnes, les immeubles et les rochers) ainsi que leurs dimensions respectives reproduite de façon réaliste, exigeant beaucoup de temps, implique que le travail a commencé en nature et a été terminé en atelier.

CONCLUSION

Ce nouveau genre, le paysage permet à l’observateur de ‘voyager’ et de découvrir des paysages partout dans le monde sans avoir à se déplacer. C’est avec les développement des techniques et des outils tels le carnet de poche et le croquis que les artistes peuvent reproduire la nature en atelier. Le paysage représente la beauté, la splendeur et l’immensité de la création, Nys (2001) dit que le paysage esthétise un pays.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

COMMENTI, Henri, Le paysage du Grand Tour, du pittoresque au sublime.  Dans: Cahier Philosophique 2019-2 (no 152)

MANTION, Jean-Rémi, Une étrange lacune: Le paysage en peinture au XIXe siècle. Dans: Critique 2012-10 (no 785)

NYS, Philippe, Jardin et institution symbolique. Dans: Histoires de jardins (2001)

SALÉ, Marie-Pierre, <<Dessiner en plein air. Entre ‘sur nature’, souvenir et atelier>> Dessiner en plein air. Variation du dessin sur nature dans la moitié du XIXe siècle. Paris, Louvre-Lienart, 2017, p. 9-26

TROM, Danny, 16. Le paysage comme représentation et comme volonté autour d’un problème public. Dans: L’atelier du politiste (2007).

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