Berthe Morisot, Le cerisier, 1891

Berthe Morisot, Le cerisier, 1891, huile sur toile, 154 x 84 cm,
legs Annie Rouart (1993), Musée Marmottan Monet, Paris, France.
Source : Musée Marmottan Monet, «Collections permanentes : Berthe Morisot». En ligne. <https://www.marmottan.fr/notice/6020/>.
Consulté le 2 juin 2020.

4 thoughts on “Berthe Morisot, Le cerisier, 1891

  1. Clara Cloutier-Vallières

    Belle description simple de l’œuvre. Peut-être cependant établir des liens entre les caractéristiques formelles présentées et la thèse de l’analyse. Selon moi, il aurait aussi été intéressant de traiter à fond les corrélations avec le texte de Marie-Pierre Salé. L’autrice nous parle par exemple de Millet ou Corot qui imprègnent leurs œuvres revues en atelier de leurs impressions du motif (p.13). Aussi, en approfondissant le caractère d’enseignement de Corot, cela appuierait votre propos face à l’œuvre de Morisot : « ce tableau de scène extérieure n’est pas la reproduction du croquis du départ, mais bien l’ajout et la modification de détails au gré de l’imagination de l’artiste pour rendre la scène encore plus réelle ». Car oui, son maitre, Corot, était un peintre paysagiste, mais plus encore, un des fondateurs de l’école de Barbizon. Il entrainait avec lui des valeurs non-académiques. Ces ajouts, en plus consolider l’explication du contexte de création de Morisot, tisse un lien direct avec le chapitre de Marie-Pierre Salé où elle explique que les artistes du cercle de Barbizon cherchent à « retrouver un regard naïf et transcrire les impressions reçues » (p.12).

    Somme toute, très bon travail concis et facilement compréhensible qui mériterait un peu plus de liens avec le riche texte étudié.

  2. Sophie Piattier

    « Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, et c’est tout ce que j’aurais demandé, car je sais que je les vaux » (carnets de notes de Berthe Morisot, Mézy, 1891). Berthe Morisot, ici, met en exergue toute la complexité d’être une artiste peintre au 19ème siècle et la difficulté d’être reconnue comme telle et non affiliée à l’amateurisme.
    Comme le souligne Lucie dans son article, l’artiste est tiraillée sans cesse entre son rang social, ses conventions et sa volonté de peindre la vie moderne.
    Dessiner et peindre en plein air deviendront pour elle un instrument d’expérimentation, d’observation de la société contemporaine. Pour autant, Berthe Morisot n’aborde pas cette activité de manière classique, à travers le genre du paysage. Elle dira par ailleurs « les paysages m’ennuient… ». (Lettre à Edma de 1869), ce sont les figures qui l’intéressent et leur interaction avec la nature, la lumière et le temps qui passe. Le paysage peut être urbain ou bucolique, il est seulement le réceptacle d’un moment de vie.
    Linda Nochlin parle des « stimulantes ambiguïtés » de Berthe Morisot, tant dans sa personnalité que dans la composition de ses œuvres, seule la capture de l’instant reste un élément constant de sa quête.

    Source : PATRY, Sylvie, Anne HIGONNET, Berthe Morisot (catalogue exposition juin-septembre 2019), Paris, Flammarion, Musée d’Orsay, 2019, p.13-35 ; p.63-64.

  3. Emile Lajeunesse-Trempe

    Votre analyse de l’œuvre de Berthe Morisot tend à nous faire questionner le lien entre la réalité et l’art. Si le dessin impressionniste, aux allures inachevés, nous donne l’impression d’une réalité transposée sur la toile passant par le prisme de l’artiste, le fait que Berthe Morisot termine ses œuvres en atelier et dans des dimensions beaucoup plus impressionnantes que ses croquis réalisés en extérieur, comme vous l’indiquez, pourrait être le sujet de nombreuses discussions animés. La critique de l’époque semble préférer ce format, mais la tendance chronologique de Morisot à présenter des œuvres toujours moins retravaillés et plutôt peinte en extérieur à la manière de croquis démontre bel et bien une évolution des mentalités face à ce type de peinture. Cette évolution des mentalités est intéressante, et il aurait été pertinent de suivre cette évolution chez les critiques d’art qui ne semblent alors que peu intéressés par cette école avant-gardiste. Berthe Morisot fait-elle figure d’exception au sein de mouvement, ou tous et toutes tendent ensemble à réaliser de plus en plus la peinture en extérieur et de manière plus rapide ? Il est toujours intéressant de saisir l’artiste dans son temps, son espace et ses liaisons.

    Émile Lajeunesse-Trempe

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