
Originaire de Moulin à Paris d’une famille humble et ouvrière, Jean-Baptiste-Armand Guillaumin (fig. 2) est renommé pour son exécution directe et audacieuse, d’une grande force expressive et de ses couleurs harmonieuses. Guillaumin signait toutes ses toiles mais les datait rarement. Sa première apparition en tant qu’artiste, est au salon des refusés en 1863. Il est passionné par la nature, cette passion va impressionnée et influencée Vincent Van Gogh, duquel il se lie d’amitié lorsque Van Gogh vivait à Paris en 1887((GUILLAUMIN Armand, Britannica, En ligne,<https://www.britannica.com/art/Impressionism-art>. Consulté le 2 juin 2020)). Guillaumin était aussi ami avec Cézanne après l’avoir rencontré en étudiant à l’académie Suisse. Il peint avec celui-ci des vues des rives de la Seine, plus précisément des vues d’Ivry-sur-Seine. Ses tableaux avec ces vues montrent la préférence du peintre pour les bords de l’eau, qui devient un de ses sujets favoris. Guillaumin participe a six des huit expositions des peintres impressionnistes. L’œuvre Soleil couchant à Ivry est l’une des toiles qui présente à la première exposition en 1874((GUILLAUMIN Armand, Wikiart, En ligne. <https://www.wikiart.org/fr/armand-guillaumin>. Consulté le 2 juin.)) et qui se trouve aujourd’hui au musée d’Orsay de Paris.

Armand Guillaumin, Autoportrait au chevalet, 1878, huile sur toile, 60 x 50 cm, Musée Van Gogh, Amsterdam((Musée Van Gogh, Van Gogh Museum Amsterdam, En ligne. <https://www.vangoghmuseum.nl/en/collection/s0228V1962>. Consulté le 3 juin 2020.))
Le but de l’analyse est de déterminer en quoi l’œuvre Soleil couchant à Ivry de Armand Guillaumin s’inspire de la pollution de son entourage pour créer un tableau poétique comme l’explique Jonathan Ribner dans son texte « La poétique de la pollution ». Le texte met en commun trois artistes, tel que Turner, Whistler et Monet qui s’influencent de la pollution de Londres, entre autre, du brouillard et de la fumée pour leurs tableaux. Ils sont bien connus pour leur style impressionniste et tous sont inspirés pour peindre des scènes de la vie quotidienne et urbaine en fonction de la lumière et de ses effets sur la composition. L’impressionniste est désireux de transcrire le plus fidèlement son impression sans succomber à ses sentiments((MARTET Cécile, Kazoart, En ligne. <https://www.kazoart.com/blog/5-choses-savoir-limpressionnisme/>. Consulté le 3 juin 2020)). Comme l’artiste en question pour l’analyse, Armand Guillaumin.
Avant de gagner 100 000 francs à la loterie en 1891 et de pouvoir se permettre de peindre à temps plein, Guillaumin entre à la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, en 1860. À cette époque, son goût pour les couleurs vibrantes était déjà dans ses œuvres. Il travaille durant la nuit et en profite pour peindre durant le jour. C’est pourquoi ses tableaux sont souvent des paysages de la Seine, il peint prêt de son travail. Dans l’œuvre Soleil couchant à Ivry (1873), l’artiste peint au premier plan un bord de l’eau de la Seine où on peut voir le reflet du ciel dans l’eau, la technique utilisé pour faire le reflet est une technique bien populaire pour les peintres impressionnistes qui s’inspirent des estampes japonaises, don Whistler a une certaine attirance.((RIBNER Jonathan, « La poétique de la pollution », dans Katharine Lochnan (dir.), Turner, Whistler, Monet (catalogue d’exposition), 2004, page 61.))En arrière plan, le ciel est coloré d’un rouge-orangé frappant qui prouve la pollution dans l’air puisque les couleurs rouge et orange du soleil sont intensifiées par la pollution ainsi que par la fumée et les cendres rejetées par les gros incendies et les éruptions volcaniques((Archives impact campus, Impact campus, En ligne. <http://impactcampus.ca/sciences-et-technologies/pourquoi-le-soleil-est-il-rouge-le-soir-et-le-matin_/>. Consulté le 3 juin.)). Un exemple pris du texte de Jonathan Ribner, Parlement de Claude Monet, montre très bien un même style de ciel rouge flamboyant (fig.3).

Claude Monet, Londres, le Parlement. Trouée de soleil dans le brouillard, 1904, huile sur toile, 81,5 x 92,5 cm, Musée d’Orsay, Paris ((Musée d’Orsay, «Londres, le Parlement. Trouée de soleil dans le brouillard», Musée d’Orsay, En ligne. <https://www.musee-orsay.fr/fr/collections/catalogue-des-oeuvres/notice.html?no_cache=1&nnumid=1177>. Consulté le 3 juin 2020.))
Dans les années 1870, Paris est une ville de plus en plus industrielle. C’est bien connu, l’industrialisation amène à la pollution, d’autant plus avec toutes ces usines en fonctions à touts les jours qui crachent en l’air des fumées désastreuses, au plan intermédiaire. Ces nuages de fumée qui prend le tiers de l’œuvre, montre l’importance que Guillaumin porte sur la pollution, son but est de retranscrire dans ses toiles le paysage qu’il voit selon son impression et non de créer le beau ultime en enlevant des parties du paysage. De plus, elles se dirigent vers la gauche du tableau et on retrouve des arbres à l’opposé ce qui donne un intelligent contraste entre la nature et l’industrialisation, pensé par l’artiste Guillaumin. Ce sont les seuls arbres visibles dans ce tableau, donc le côté urbain prend beaucoup de place. Ils se trouvent aussi du côté obscur du coucher de soleil tandis que la ville avec ces maisons et ces usines sont dans la lumière du rouge-orangé.
Finalement, Armand Guillaumin amène à rendre un tableau d’une beauté poétique en s’inspirant de la pollution urbaine avec ces couleurs chaudes qui remplissent le milieu de l’œuvre et ces couleurs froides aux extrémités, mélangé avec ces énormes nuages de fumée sortant des usines. La pollution n’est pas juste à Londres, la modernité prend un coup de l’avant au XIXe siècle. Partout dans le monde, grâce aux œuvres de ces peintres, les scientifiques d’aujourd’hui peuvent faire leurs recherches sur la pollution en se basant des œuvres de ce siècle.((CAILLEUR Émilie, Top santé, En ligne. <https://www.topsante.com/medecine/votre-sante-vous/insolite/insolite-les-toiles-de-william-turner-en-disent-long-sur-la-pollution-55875>. Consulté le 4 juin.))
BIBLIOGRAPHIE
RIBNER Jonathan, « La poétique de la pollution », dans Katharine Lochnan (dir.), Turner, Whistler, Monet (catalogue d’exposition), 2004, page 51 à 63.
GUILLAUMIN Armand, Wikiart, En ligne. <https://www.wikiart.org/fr/armand-guillaumin>. Consulté le 2 juin.
GUILLAUMIN Armand, Britannica, En ligne,<https://www.britannica.com/art/Impressionism-art>. Consulté le 2 juin 2020.
MARTET Cécile, Kazoart, En ligne. <https://www.kazoart.com/blog/5-choses-savoir-limpressionnisme/>. Consulté le 3 juin 2020.
Archives impact campus, Impact campus, En ligne. <http://impactcampus.ca/sciences-et-technologies/pourquoi-le-soleil-est-il-rouge-le-soir-et-le-matin_/>. Consulté le 3 juin.
Il est intéressant de pouvoir constater les liens que vous avez tissés entre la vie de l’artiste et son œuvre. Les couleurs et les effets de la lumière sont des aspects proéminents de la peinture impressionniste. Votre analyse met à l’évidence cette particularité chez Guillaumin. Par ailleurs, la réflexion de la lumière provenant du ciel sur l’eau démontre l’affection que porte l’artiste à étudier et à représenter ce phénomène naturel. Ensuite, dans le texte de Thomas, «Ecological Vision to Environmental Immersion : Théodore Rousseau to Claude Monet», l’auteur soulève que les représentations impressionnistes des paysages rappellent un environnement marqué par l’industrialisation et ainsi les changements apportés à la nature par l’homme. L’image que vous avez choisi d’étudier démontre bien cette thématique stylistique. Finalement, je me questionne à savoir si les ciels d’Ivry-sur-Seine, faisant maintenant partie du Grand Paris, sont aujourd’hui autant dégagés. Si Guillaumin peignait ce tableau en 2020, les nuages noirs prendraient possiblement plus d’ampleur dans le tableau et l’atmosphère créée par la scène représentée serait moins paisible.